Le lecteur du mois #2

LE LECTEUR DU MOIS#2 : Cordélia aime….

Disons le : sur le Booktube francophone, il y a trois types de lecteurs. Celles qui secouent un livre devant la caméra en parlant de la couverture, les vidéos à visée analytique (JP Depotte…) et les chaînes qui font la part des deux. 

Ces vidéocastes, souvent auteurs et surtout auteures de blog, qui sont passé à un nouveau médium, mêlent l’analyse de l’objet livre, la lecture de roman sentimentaux et jeunesses, de BDs, de mangas, à des romans plus classiques et plus matures. Quel que soit leur objet, ils sont en général plus lucides, et savent transmettre leur passion de lire, tout en mettant en avant l’intérêt réel du bouquin. Parmi elles Brody Books, Margaud Liseuse qui commence vraiment à faire des chroniques intéressantes, et surtout Cordelia aime.

C’est d’une petite chaîne, toute seule dans son coin derrière les grandes figures maquillées du booktube que je vous parle. Cordelia aime… reprends certes des tags, s’intéresse comme tout le Booktube, à des histoires d’amour, de vampire/fée/etc et des parutions jeunesses – il faudra que je fasse un article sur le monopole de ces types littéraires – mais elle développe également un fil de lecture principal et des émissions atypiques. En effet, en militante littéraire pour la diversité des orientations et des appartenances sexuelles, Cordelia cherche dans les livres la variété des genres, s’intéresse aux quêtes identitaires et aux parcours sexuels atypiques, pour prouver justement qu’ils ne le sont pas tant et qu’ils ont une place à se faire dans notre culture.

Il est rare de voir des chaînes fortement imprégnée par un thème intéressant sur le Booktube francophone, et pourtant Cordelia n’est pas monomaniaque : au contraire, elle lit beaucoup de choses et présente des analyses quelque peu profondes de certains livres sur son émission principale, mais aussi des playlists thématiques, où elle regroupe ses ouvrages favoris autour d’une certaine ambiance, d’une certaine période ou d’un certain sujet.

Un vrai plaisir et une autre façon de découvrir des livres, souvent plus intéressants que le dernier Marc Levy/Nora Roberts. De plus la jeune femme possède un blog foncièrement joli, tenu d’une plume agréable et assez riche en contenu qui explique peut-être la qualité de ses vidéos sur, disons le, le marché du booktube français..A noter que Cordelia est également une écrivaine en herbe, déjà publiée, et donc, s’y connaît.

Souhaitons lui bon courage, ( ainsi qu’à toutes les suscités ) pour un Booktube qui donne envie de lire !

Son blog : http://mademoisellecordelia.fr/

Sa chaîne : https://www.youtube.com/user/cordeliaaime

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Pause Poésie #1

Le lecteur du mois arrive ! J’ai eu un peu de mal à lire et écrire en ce moment, abasourdi par tous ces grands hommes que 2015 nous vole. Bien entendu, si vous n’aviez jamais lu de Terry Pratchett, je ne vous le conseille pas, c’est de toute façon une nécessite. Pratchett c’est un peu comme la pèche au filet dans les rivières, quand on est enfant. Vous plongez votre piège dans l’eau, timidement, incertains, et vous le ressortez avec toute une poignée de chefs d’oeuvre, à la louche, bons pour une bonne fricassée de lecture qui vous laissera émerveillés et rieurs. C’était bon et intelligent, du Terry Gilliam littéraire. On se souvient du personnage de la Mort, dépressif et traînant sa cape le long des pages sautillantes que vous dévoriez; Cette fois, Terry est allé la faire rire. Il nous manquera.

Quoi qu’il en soit, en attendant la suite, j’ai pensé à une petite pause Poésie, à l’occasion du Printemps. Le renouveau ne se joue pas que sur les branches des arbustes, il s’entend aussi dans le chant des oiseaux, et Louise de Vilmorin, c’est un sacré rossignol.Moi, j’appelle ça du génie.

C’est cadeau :

Étonnamment monotone et lasse
Est ton âme en mon automne, hélas !

On se veut
On s’enlace
On se lasse
On s’en veut

Je t’enlacerai
Tu t’en lasseras

Là les pères vont en mer
Là les mères vont en paire 

Louise de Vilmorin (a.k.a Wonderwoman) in L’Alphabet des aveux

Sept Jours à l’envers par Thomas Gornet

Un mot sur le livre et l’auteur : Sept Jours à l’envers est paru aux éditions Rouergue  en 2013. L’auteur, également comédien et metteur en scène limougeaud, a également publié Qui suis-je ou A bas les bisous.

Parlons un peu de littérature jeunesse, une catégorie très rare sur ce blog et dans mes bibliothèques. Et pourtant, ce type de romans demandant une délicate alchimie entre pur style et pédagogie, entre accessibilité et bravoure littéraire, est un exercice compliqué. Surtout quand il s’attaque à des sujets aussi difficiles que la mort d’un proche. C’est ce à quoi Thomas Gornet s’est attelé dans ce livre, et si le livre terminé, il semble évident qu’il a réussi, il convient encore d’expliquer pourquoi.

Des romans pédagogiques et simples pour les enfants, il y en a beaucoup. Réussir à traiter d’un tel sujet tout en maintenant l’intérêt littéraire et en éduquant, c’est une prouesse qui demandait du tact. La grande originalité du roman repose donc sur son choix d’approche, expliqué dans le titre. Il est simple à comprendre: la semaine du très jeune héros est racontée à partir de la semaine suivant le décès de son mystérieux ami, et Gornet profite d’une réflexion déjà amorcée et d’une nouvelle déjà encaissée par la famille pour revenir calmement au moment de la perte, à partir des souvenirs et des réflexions de son héros, un peu perdu mais très courageux. Ce n’est pas qu’un livre sur la mort, c’est une réflexion pour les enfants sur le deuil, comment digérer une telle nouvelle et comment réagir aux différents comportements provoqués dans son entourage par la mauvaise nouvelle.

C’est aussi l’exploration d’une relation familiale prématurément coupée mais riche et d’autant plus originalement abordée par le deuil qui l’entoure et le mystère l’entourant jusqu’à la fin du livre. Suspens, tact et franchise dans le même encre, disposés de manière simple et agréable.

Un bon choix de première lecture pour des enfants qui s’interrogent.

Tag : Les Liebester Awards

Bonjour à tous,

J’ai été cette semaine « taggué » par Books Everywhere, blog livresque que je vous invite à explorer/découvrir et que je remercie avec chaleur en ce mois de mars encore un peu trop emmitouflé dans son bonnet d’hiver. Mais attention, je n’ai pas été invité à participer à n’importe quelle chaîne de questions, car il s’agit des… Liebster Awards ! Et comme une petite recherche me l’a appris, le Liebester Award est un titre officieux que se donnent sans concours les blogs entre eux, par amitié. C’est fort mignon, et ça donne lieu à un petit jeu sympathique, de quoi souffler donc entre deux grosses lectures – beware ! du contenu est à venir ! –

Les Liebster Awards, c’est quoi ? Eh bien c’est une belle tartine de questions qui commence par une présentation libre du blogueur en 11 « faits » et autres anecdotes que d’aucuns trouveront peut être croustillantes. Ensuite, le blogueur répond aux questions posées par celui qui l’a invité à répondre ( en l’ocurrence BooksEverywhere dont la bannière n’a d’égale que la fraîcheur primesautière -, et il pose à son tour 11 questions à ceux sur lesquels il jette son dévolu. Tout cela est vraiment très mignon, commençons :

1- J’étudie dans ce lieu que tous les universitaires appellent l’Enfer sans avoir approché de l’atroce et géniale vérité : l’Hypokhâgne LSH BL.

2- Je suis un homme à chemises et à manteaux noirs. Voilà un bien bel exposé de ma personnalité. Dire que certains ont passé des années sur leur autobiographie….

3 – En plus d’écrire et de lire, j’apprécie aussi le cinéma. Comme tout le monde ? Non, encore plus, et je regrette douloureusement de n’avoir plus le temps d’y folâtrer entre les salles obscures.

4- J’ai fait plusieurs années d’aîkido et j’ai eu la chance de rencontrer Noboyushi Tamura, disciple de Morihei Ueshiba, créateur du dit art.

5- Je n’ai jamais voyagé qu’à Londres et cela me rends plus triste qu’un Mme Bovary barbu de trois jours et sans attrait quelconques pour les casquettes alambiquées.

5- En parlant de Bovary, je n’aime pas Flaubert. C’est rare pour un lecteur, mais seul l’Education Sentimental m’a été immédiatement plaisant, et Bouvard et Pécuchet lorsque j’ai, bien après ma première lecture, compris tous les tenants et aboutissants de ce travail.

6- Je n’habite peut être pas à Paris, mais dans la ville qui a fondu les quatre pieds de la Tour Eiffel. Si ce n’est pas symbolique ça, jaloux de Paname !

7 – Je suis un homme mais j’ai des failles disaient les publicités pour les parfums virils. Je suis un parfum viril.

8 – Je suis très mauvais en toutes les mathématiques mais je  sais compter jusqu’à 11 et je pense être dans la bonne voie pour mener ces questions à bout. Vous êtes entre de bonnes mains

9 –  Je suis un amant du Rock sous beaucoup de ses formes, avec qui je flirte régulièrement. Là par exemple, elle vient de m’appeler sous le nom de « The Black Keys » un des nombreux alias qui nous permettent de nous rencontrer.

10 – Je n’ai pas l’habitude de répondre à des tags mais je demande dans quelle mesure le Questionnaire de Proust tourne sur ce genre de blogs, et comment font mes congénères pour le rater ?

11- Je ne regarde plus de télévision mais j’ai grandi avec Friends puis  How i Met your Mother.

Voici maintenant les questions posées par Books Everywhere :

1. Booktube ou la blogo, que préfère tu et pourquoi ?
Je préfère évidemment la Blogosphère, en écrivain. Le langage est mon support, bien avant l’image. Cependant, j’aime beaucoup certains mariages entre le fameux « tube » et la lecture, comme la chaîne de JPDepotte, la chaîne de Cordelia Aime….
2. Quels sont tes genres littéraire préférés  ?
Le roman et la poésie. J’adule également le théâtre mais je suis en pleine indigestion.
3. A tu des séries ou films préférés ?
Beaucoup oui. Pour faire bref, en parlant de séries, j’aime beaucoup How i Met your Mother, The Wire, Games of Throne et Twin Peaks.
Au niveau cinématographique, le sujet est pour moi beaucoup trop vaste.
4. Combien de livres possède tu actuellement dans ta PAL ?
6 : du Llosa, du Mishima, Huysmans, Nieztche et dans une optique de lecture plus actuelle je m’apprête également à lire MR. Mercedes de Stephen King et Price de Steve Tesich
5. Si tu devais emporter un livre sur une île déserte, lequel choisirais-tu ? Pour le côté agréable de la lecture et sa qualité d’ouverture à la relecture permanente, j’emporterai sûrement Le successeur de Pierre de Truong. Ou bien la saga Harry Potter. Je n’ose pas dire que j’emporterai la Recherche, parce que même tout seul sur une île déserte je n’aurai pas la force de me plonger à nouveau dans un tel vortex.
6. Raconte ton meilleur moment dans ta vie de lecteur : Entrer en Prépa Littéraire.
7. Quelle est ta plus grande fierté ? Avoir terminé la Recherche, et m’être un peu nourri d’une partie de ce que toute cette  cette oeuvre peut offrir
8. Que veux tu faire plus tard/de ta vie ? La question est posée de manière bien mignonne ^^ Je vais tout de même y répondre : il va s’agir d’aller au bout de mes écrits pour les publier, et de trouver ma place dans le journalisme litéraire, artistique, cinéphile… Ou bien de vendre quelques scénarios. Faire de son mieux.
9. Quand et pourquoi as tu décidé de créer un blog ? Pour m’ouvrir à la lecture de romans actuels, rencontrer et lire des auteurs et des lecteurs, et partager cette passion littéraire sur le média de partage par excellence : Internet.
10. Qu’aime tu le plus dans la blogosphère ? Les lecteurs évidemment. Votre passion littéraire, votre fierté de lire et de tout lire, vous voir tout essayer, tout goûter, et enfin, toute partager, bon ou pas, est une chose qui m’avait manqué. La proximité de certains éditeurs aux stratégies commerciales enfin en accord avec leur environnement est un bon point aussi ^^
11. Quel est ton passe temps préféré hors lecture ? Je n’ai pas le temps pour des passes-temps vils créateurs de questions. Je suis hypokhâgneux >< Cela dit, j’aime bien cuisiner. Et venir ici vous servir une belle assiette de mots mal assaisonnés suivant la recette d’oeuvres qui me dépassent.
Voilà donc ! Comme je ne connais personne dans la blogosphère, envoyez moi donc un mail ou un tweet si vous voulez faire ce tag et je vous y inviterai via cette page, avec un lien vers votre blog et un questionnaire ^^
Bonne soirée à tous et bonnes lectures,

Panier à critiques Babelio

Il est temps pour moi de quitter Babelio pour me concentrer sur ce blog. A cette occasion, quelques critiques avec lesquelles je suis toujours en accord ressortent de mes placards. De quoi vous donner un bref avis sur certains monuments littéraires, un ouvrages critique et avoir quelque chose à se mettre sous la dent avec le Lecteur du mois de mars et les prochains top 5/ chroniques lectures !

Commençons par La route de Cormac McCarthy

Crispant.
Dans ce best-seller post-apocalyptique, toute la narration est au service de la désolation, de la sécheresse violente d’un monde dépourvu de repères, un monde détruit, où la société humaine s’est effondrée sur elle même. Obligés de retrouver leurs instincts primitifs, les survivants sont retournés aux lois de la jungle et se chassent entre eux, instaurant tout au long de l’oeuvre une tension des plus crispantes. Et cela, l’auteur a su l’exprimer à merveille puisque son écriture, tant dans la version originale que dans l’édition française que j’ai lu tend vers cette concision, vers cette sécheresse répétitive et pourtant équivoque qui traduit en bonne et due forme le monde dévasté que traversent ses personnages.
Tels l’Aurore de Giraudoux, ce couple fragile – un père et son fils – traversent le roman de part en part, sans qu’on ne connaisse ni leurs noms, ni les détails de leur passé, donné par fragments tout au long de leur exode silencieux. Personnages tragiques à souhait, victimes de choix et pourtant seule lueur d’espoir, derniers bastions d’humanité du roman, ils tentent de survivre tant bien que mal en échappant à l’air glacial d’un certain Nord, mais le temps leur est compté, et ils sont poursuivis : la tension s’installe, et l’auteur peut jouer avec nos nerfs. Car en effet, l’action est quasiment absente du roman, et les rares quoi qu’intenses péripéties de ce vestige de famille n’arrivent que très tardivement dans le roman, alors que toute la première partie en est occupée par cette procession difficile, dans un paysage dévasté et hostile, dans lequel tout est bon pour trouver des vivres, des reliques utiles de l’ancienne civilisation et pour faire des économies : pour l’auteur, c’est une économie de mots. Economie descriptive. L’essentiel suffit au lecteur pour se rendre compte de l’état de faiblesse de ses deux héros, et la nécessité de leur lutte. Jusqu’à une fin tragique, annonçant, supposant, espérant, la fin d’un cycle..
Le livre est sorti en film et a même inspiré un jeu vidéo ( The Last of Us, 2013 )
Enchaînons avec la critique d’un des livres les plus vendus du très peu séducteur Nouveau Roman. Alors, ça vaut le coup ?
La modification de Michel Butor
Il me semble important de découvrir avant toute chose que je ne suis pas un grand amateur du Nouveau Roman, qui me semble toujours aussi fade et aussi vain que ces adolescents et ces stars actuelles qui cherchent avant toute chose l’originalité, qui sautent sur tous les sentiers non encore battus juste pour le plaisir de ne pas être comme les autres, sans savoir où cela va les mener.
Peu des propositions, des « nouveautés » du Nouveau Roman m’ont séduit jusqu’aujourd’hui, mais j’avoue que l’idée de la Modification m’avait quelque peu rendu curieux, c’est pourquoi je l’ai emprunté en pensant le lire en un soir – c’est un petit ouvrage – pour m’initier à Michel Butor. Je mis presque une semaine, tant l’enthousiasme me manquait au fil de la lecture. Assez parlé de moi, entrons dans le roman.Qu’est ce qui gêne dans le style de Butor ? Si l’idée originale est plutôt plaisante – le narrateur raconte le roman à la seconde personne du pluriel, un « vous » qui donne plus que jamais l’impression d’être le héros du roman, certaines caractéristiques du discours de l’auteur vont contre ce parti pris et gênent la lecture : l’esthétique très nouveau roman, avec une intrigue totalement décousue – l’action est censée se dérouler en vingt heures dans un train mais se nourrit de souvenirs et prospectives diverses -, des phrases de vingt kilomètres de long sur lesquelles Proust se serait essoufflé, gonflée de descriptions sans fin que seuls des habitués de Paris et de Rome pourront apprécier, et un personnage qui échappe tout à fait au « vous » par lequel on s’y réfère, puisqu’il a un nom, un âge, que ses sensations et ses pensées ne sauraient adhérer à la plupart des lecteurs et qu’il semble être plus un étranger peu recommandable, peu appréciable, qu’autre chose. Dieu que cette phrase était longue elle aussi.Cette densité syntaxique et culturelle, aussi lourde à digérer que l’intrigue condensée dans ces vingt heures de trains pluvieuses est mise « au service » d’une histoire d’adultère qui ne choque personne, n’engage personne et finit par se désagréger sans qu’aucun des personnages n’ait réellement eu un rôle à jouer, n’ait réellement agi. La lourdeur du personnage, ses sensations émoussées par l’âge, c’est aussi pour moi la lourdeur de ce roman, de ce style que j’ai peu apprécié alors que j’ai longtemps goûté celui de Proust et me suis rompu à celui de Duras, et qui ne donne pas envie d’essayer l’Emploi du Temps, autre ouvrage clef de l’oeuvre de Butor. Pour finir sur une meilleure note, il me faut avouer que, tout de même, même si cela m’a paru ennuyant, faire un roman sur le voyage d’un homme seul dans un train et axer toute l’action de la pièce sur ses pensées et sa réflexion au propos de son adultère, faire de cette histoire l’un des fers de lance du Nouveau Roman, cela force un certain respect.

Et pour finir une référence qui ouvre beaucoup de portes :

Histoire de la scène occidentale » est une introduction parfaite, et en cette qualité, elle se trouve être claire, précise, simple d’accès, et complète. Il faut cependant comprendre avant de la lire le double sens du mot scène : on s’intéresse ici à l’histoire de l’espace dramatique, mais aussi à celui de l’espace scénique, et l’auteur(e) y analyse justement la relation entre les deux, et les évolutions croisées de l’un à de l’autre. A chaque vision du théâtre sa solution architecturale, ses différents moyens techniques, et ses grandes auteurs, qui, eux même, réfléchissent grâce et pour l’espace théâtral.

Un ouvrage que je conseille vivement à tout amoureux et étudiant de cet art.

 

Jusqu’au Crépuscule – Tome 1

Mon premier SP dis donc.

Résumé : Le Club des 5 a fait des émules. Cinq jeunes enfants pour être précis. Ils ont un nom, c’est vrai ( Marie, Christophe Lucas, Philippe et enfin Julie ) mais ils représentent en réalité toute une génération. Celle des enfants des Seventies, ceux qui ont reçu la vie alors que l’Homme s’apprêtait à atteindre la lune et l’extase langoureuse de Woodstock. Une génération née la tête dans les étoiles, les pieds plantés dans une planète dont l’état de santé inquiétant ne faisait que sublimer l’éphémère beauté. Au court d’un récit de 272 pages, amenés à être complété, ces jeunes pousses diverses mais toutes solidement liées vont croître sous nos yeux attendris. On se rends très vite compte que ce ne sont pas seulement des personnages qui grandissent devant nos yeux, c’est les auteurs qui déterrent leur racines et toute une génération qui se souvient de sa floraison.

Le tome I mène à terme l’enfance de ses cinq héros, ce nouveau Breakfast Club – en plus sage – recrée en cinq itérations recréant la vie de beaucoup d’entre nous, que l’on soit issu des années 70 ou non.  Pas de détours superficiels : les cinq petites bouilles se découvrent, se lient, grandissent ensemble, usent la mode des années 70 et celle des eightis sur les bancs de l’école. Ils apprennent ensemble, transgressent ensemble, aiment ensemble et finissent évidemment par s’aimer entre eux. Signe qu’ils sont désormais adultes. C’est passé vite, ça semblait concis : c’est simple et donc beau.

Commentaire : En termes de simplicité et de concision, je crois n’avoir jamais lu quelque chose d’aussi dépourvu de matière superfétatoire. Le style très accessible du roman gagne par son écriture à quatre mains la qualité non pas d’une double nostalgie mais de deux nostalgies qui se croisent et s’entrenourissent. Avant d’entrer plus avant : détaillons rapidement les défauts du roman : à savoir quelques petits problèmes de coquilles un peu désagréables, une syntaxe parfois peu orthodoxe et une simplicité très marquée qui peut déstabiliser ou décevoir les amateurs de plumes plus littéraires.

Voilà pour les défauts..Si l’un des auteurs préfère l’aposiopèse et avec un petit style Sarraute semble glisser avec les enfants dans la brume de la vie – en tenant la main à ses petits camarades pour ne pas se perdre – l’autre insuffle une matière plus proche de la vie et nous transporte dans les cours de récrés et les ruelles du 13ème parisien, à mesure que les enfants grandissent et que leur vocabulaire change de saison ( D’ailleurs le passage dans le temps est -et c’est la grande qualité du roman, marqué par une véritable pluie de références culturelles et artistiques ou grâce à un certain lien entretenu avec l’avancée de la technologie et des actualités de fin du siècle )  L’été insouciant de l’enfance fait place à la difficulté de l’adolescence mais les jeunes héros font face au baccalauréat soudés grâce à la même confiance solidaire avec laquelle ils jouaient en ouverture du roman. Un incipit dans lequel le plus énergique des jeunes enfants, Lucas, se lançait du haut d’un toboggan pour une aventure sans détour, plutôt plaisante et très simple; Un peu comme la lecture de Jusqu’au Crépuscule – Tome 1er

En bref, la brièveté et la simplicité font la force de ce roman qui ne révolutionne rien, mais joue avec la corde de la nostalgie de tout un chacun au cours d’une histoire d’initiation à la vie en groupe telle qu’elle résonne dans les souvenirs de beaucoup.

Merci aux éditions AETH de m’avoir envoyé ce livre.. Leur site : http://www.lestemps.fr/

La tétralogie de l’auteur Anonyme

Cher lecteur,
Seuls les coeurs purs sont dignes de contempler les pages de ce livre.
Chaque page que vous tournerez, chaque chapitre que vous lirez vous rapprochera un peu plus de la fin.
Tous n’y arriveront pas. Les nombreuses histoires et les nombreux styles sont susceptibles d’éblouir et de confondre.
Et, tandis que vous rechercherez la vérité, elle ne cessera jamais d’être sous vos yeux.
Les ténèbres viendront et, avec elle, un mal indicible.
Et ceux qui auront lu le livre pourraient ne jamais revoir la lumière..

L’ouverture du livre I

Vous n’avez sûrement pas pu échapper à la –  à ma grande surprise – discrète mais très étendue explosion littéraire qu’est la tétralogie de l’auteur Anonyme. Vous avez au moins probablement déjà croisé l’un de ces romans singuliers dans les étals de votre libraire préféré, et si vous l’avez lu, vous n’avez pu vous empêcher de parcourir les différentes théories échafaudées sur le net autour de son auteur. Cette oeuvre pour le moins inédite est certes un ovni rafraîchissant à forte valeur polémique mais surtout un objet littéraire très intéressant, dont l’étude nous révèle beaucoup de choses. La lecture comme l’approche de cette pulp fiction d’un nouveau temps n’est qu’une grande enquête que nous allons retracer ici. Commençons par le plus évident.

Le premier opus de cette fresque contemo-fantastique Le Livre Sans Nom, paraît d’une plume anonyme, après avoir été repéré sur le net, en 2010. Dès sa parution, il divise fortement et ce n’est pas du tout une surprise : il a été créé pour cela. Un ouvrage qui s’intitule le Livre Sans Nom, signé d’un auteur anonyme ressemble déjà au drop lointain et tordu d’un joueur de rugby acculé qui aurait voulu s’essayer à un nouveau coup avec une ambition surprenante. Mais le contenu du fameux livre sans nom ni auteur est encore plus intéressant : la fiction se déroule dans un univers contemporain suburban, est mené et écrit comme du Céline new age, s’inscrit dans la pop culture avec des références incessantes aux légendes de la musique rock, pop, jeune, et mélange monde moderne et fantastique perverti – vampire, esprits- avec un humour corrosif, très noir, souvent très beauf mais parfois très bon. Aussitôt les médias spécialisés se penchent sur cette oeuvre argotique, et des millions de lecteurs se voient obligés de sortir de leur zone de confort pour attraper du bout des doigts ce corbeau sale, libre et agressif, qui vole dans sa couverture noire très stylisée. C’est un succès. Comme toutes les vraies pulp fiction, Le Livre Sans Nom est pour les uns un excellent café euphorisant, pour les autres une honte salissante. On aime ou on déteste. Je vous préviens d’ailleurs si vous n’êtes pas très Tarantino à la base, vous allez détester.

La saga continue et explore peu à peu le passé de son très sombre et très réussi antihéros : le Bourbon Kid qui rentre lui aussi dans la culture pop ( avec des courts-métrages et des comités de fan à son sujet – Ainsi paraissent L’Oeil de la Lune, le Cimetière du Diable et enfin Le Livre de la Mort, apogée dans le lore de l’auteur anonyme qui va chercher encore plus loin que son premier livre. Maintenant que la folie gorgée de caféine semble terminée, le temps des questions se pose de nouveau. Qui a écrit la Tétralogie, que veut-il nous dire et ces deux questions ont-elles un quelconque sens ?

Une centaine de mètres plus loin, il vit deux types déguisés en nonnes en train d’en tabasser un troisième, revêtu d’une grosse combinaison bleue et spongieuse, avec un pantalon et un bonnet rouges. Triste époque, où le Grand Schtroumpf ne pouvait se promener dans la rue sans se faire agresser par des nonnes enragées.

Au sujet de l’auteur, la théorie la plus répandue sur Internet veut que le méfait soit à ajouter au casier de Quentin Tarantino. Cela semble très fantasmé mais après tout, cette théorie à pour soi de nombreux arguments. On le sait, le maestro du cinéma néo-noir aime les Pulp Fiction, la violence et ce genre d’humour corrosif. L’histoire, les références culturelles et le type de personnages est bien dans son style le plus pur, c’en est même une sorte d’apogée jamais atteinte au cinéma mais rendue possible par la forme littéraire. De plus, Tarantino, dont le prochain film The Hateful Eight sera le dernier, a désormais le temps d’écrire et son actualité médiatique concorde. Dernier argument : l’auteur tient à rester anonyme, caché, même pour son éditeur, alors que le succès est au rendez-vous. Parce qu’il est déjà une célébrité et qu’il souhaite juste s’amuser ?C’est effectivement une belle théorie, mais je n’y accroche pas totalement. C’est trop beau pour être vrai. L’Anonymat fait partie de ce qui fait le succès de ce titre. C »en est même l’essence.

Pourquoi cette fresque existe elle et qu’est ce qui la rends si spéciale, en dehors de son mystère ? Pour moi, c’est simple. Elle est plus un résultat qu’une impulsion. Je m’explique. On voit fleurir depuis les années 70-80 le célinien dans la littérature. C’est à dire que le grotesque, le sordide, le sale, ce qui était auparavant caché est désormais une part importante de l’ostentation littéraire. Depuis Stephen King, on parle des chiens, de leurs déjections, des corps des gens et de leurs impuretés. Avec Beigbeder, on montre l’Homme dans ses faiblesses les plus sublimes et les plus noires. Beigbeder c’est l’homme à succès qui s’écrie Putain, c’est là le moyeu de sa production : il explore ses propres bas-fonds. Lisez un auteur moderne au hasard dans votre bibliothèque vous verrez bien vite que nos auteurs n’hésitent plus à montrer la violence, le sordide, le gore même. Exemples à la louche en regardant mes propres étalages : l’inceste ( Murakami), la psychose sanglante (Easton Ellis), le combat de la laideur contre le beau( Mishima), le désargenté (Bohringer), Bref. C’est la folie de l’antihéros, le culte du méchant, du laid. Et c’est le berceau de l’oeuvre de l’Anonyme. Il s’est rendu compte de cette présence du sordide dans la littérature, un sordide différent de celui dont se chargeait les pulp fictions des années 50 et l’a mené et exagéré jusqu’au sublime. Sublimer le sordide : un acte très post-moderne.

De plus, la tétralogie est un homme à tous ces films d’actions, ces polars noirs qui ont illuminé d’un halo magnifiquement sombre le cinéma et la littérature des derniers siècles. Ici, l’auteur ne vous demande pas de réfléchir, mais de vous laisser porter, de rire comme Rabelais – très important cette partie là mais j’ai la flemme de développer l’importance du rire rabelai-célinien ; lisez les dernières pages de l’Art du roman de Kundera ^^ )

Et c’est dans l’ouragan de la violence et du pop-pulp qu’il donne, comme un pied de nez à l’horizon d’attente créé pour ses fans, la forme d’une histoire d’amour à son oeuvre noire : tout cela, c’était au nom de l’innocence et de la beauté. A la fin, on se demande ce qui était vraiment laid dans tout ça. La matière était sale peut être : notre rire était beau.

PS : Ouvrage utile pour se lancer dans une lecture VO Simple

5… études critiques du roman

Avis aux lecteurs, aux étudiants, aux écrivains…

Dans ce blog, on va goûter à beaucoup d’histoires, se repaître d’intrigues, dévorer de l’anecdote toute crue. Mais on va aussi essayer de comprendre pourquoi c’est aussi bon, on va décortiquer les plats les plus différents pour comprendre ce qui les unit, et avoir une idée de leurs recettes. Ce n’est pas un blog d’analyse littéraire que je tiens mais un blog de lecture, d’impressions. J’aime pourtant être averti, savoir ce que j’aime et pourquoi je l’aime. J’aime aussi écrire. Et pour être un lecteur averti et – donc ? – aussi un écrivain, il faut avoir lu de la critique.

Que vous soyez un « lecteur averti », que vous prépariez ou suiviez des études littéraires, ces ouvrages sont des must-have qui vous ouvriront, étudiants ou pas, de multiples portes et qui vous aideront à apprécier vos lectures avec une plus grande acuité encore. Sans pourtant vous gâcher la magie : les critiques sont des maîtres magiciens qui détaillent la beauté d’un plat, sans jamais la lui enlever.

Voici les plus utiles et les plus simples :

I – TOUTE L’OEUVRE DE GERARD GENETTE – Genette, c’est une sorte de Dieu vivant de la littérature. C’est le guide spirituel des prépas littéraires et le meilleur ami des étudiants. Son oeuvre critique déclinée en différents formats, analyse le roman ET le langage avec une intelligence difficilement égalable. Certaines de ses oeuvres, comme les Figures ( de I à V ) sont des must have dans lesquels sont inscrits le ba-ba de l’histoire littéraire et les tablettes de la verité indispensables pour comprendre des oeuvres comme la littérature baroque, le monde de Proust ou de Stendhal. Les classiques, oui. D’autres oeuvres, plus simples, comme Apostille, sont le modèle intouchable des « Dictionnaire amoureux de », un dictionnaire drôle, précis et toujours intéressant de la langue de l’écriture et de la magie de la lecture. Genette, c’est la base.

Mais il faut bien que Genette se passe

II – Jean Rousset : Forme et signification

On vous aura sûrement rebâché les oreilles avec l’armonie fond-forme, recette à priori indispensable d’une bon roman. Ce n’est pas toujours vrai, le fond et la forme n’ont pas les mêmes effets, les mêmes origines, mais ils sont effectivement étroitement liés, et aucun fond, c’est à dire aucun sens, n’existe sans la forme. Pour comprendre et explorer les différents types d’énonciation de roman – et un piti peu de théàtre – privilégiez cet ouvrage griffé par la patte bien connue de Rousset, qui dit l’essentiel en quatre ou cinq exemples.

III – L’art du roman de Kundera 

Bien sûr, ce livre est aussi un indispensable. C’est peut être la plus connue et la plus vendue des études critiques du roman. Ce n’est pas pour moi la plus intéressante : Kundera parle surtout de son oeuvre et de celle de Kafka. Et cela avec une certaine sécheresse orgueilleuse. Bon. Ce qu’il dit est toutefois vrai et parfois très intéressant, surtout pour tous les écrivains en puissance ou en action. Sept conférences et interviews simples qui malgré leur précision sont toujours bienvenues, surtout la sixième, surtout celle sur le « poème immuable » qui se penche sur l’existence du roman avant l’acte de l’auteur.

IV – Le Degré Zéro de l’écriture de Roland Barthes

Barthes a une vraie légitimité, et une intelligence salvatrice. Dans ce mix de petits articles lisibles séparément et tous autonomes, Roland Barthes décortique le langage, le roman, ses traditions et ses schémas. C’est un peu moins simple que du Genette parfois mais c’est tout aussi bon, étonnant de clarté, et surtout très utile. Barthe est un bon auteur et un excellent lecteur.

V – Pour un nouveau roman d’Alain Robbe-Grillet

Moi non plus je n’aime pas le nouveau roman. Je ne suis pas non plus le plus grand fan des films réalisés par Robbe-Grillet, quoique je préfère ses livres et ses longs-métrages à ceux de Duras, l’autre polyvante du néo-Roman français. Ceci dit, Pour un nouveau roman est une excellente porte d’entrée à la fois vers le nouveau roman mais aussi vers l’ancien puisque Robbe Grillet fait le constat de ce qui ne marchait pas selon lui dans le roman mimétique, c’est à dire le roman jusqu’au XX, et il nous en donne ainsi la recette et les caractéristiques.Le plus simple de tous, et l’un des plus marquants, grâce au style guerrier d’un Robbe Grillet qui s’attaque au roman, l’arme à la main, et nous permet donc de voir l’ossature de ce dernier derrière ses blessures.

Merci de votre lecture et la semaine prochaine, ne ratez pas 5… thrillers glaçants à l’occasion de la sortie du dernier Mô Hayder !

Impératrice de Shan Sa

Shan Sa est une génie.Son oeuvre est d’une poésie rare. C’est extrêmement énervant.

L’auteur de la Joueuse de Go, qui a gagné tous les bons vrais   prix ( Prix national de poésie chinoise, Goncourt du premier roman, Goncourt des lycéens….) signe avec Impératrice un nouveau joyau sans grandes imperfections, affreusement clair, éblouissant de beauté et de précision. Dans un roman historique assez court ( 400 petites pages), elle nous rend l’essence fort bien capté de Wu Zetian, peut être la femme la plus puissante que la Chine ait jamais supporté.

De la naissance jusqu’au déclin de cette souveraine ambitieuse et versatile, Shan Sa nous emmène dans un périple plutôt poétique, à l’écriture à la fois concise et précise. Très peu de souillures viennent gâcher cette expérience culturelle et poétique simple, contée comme le rêve éveillé d’une femme trop vivante pour son temps. On pourra se plaindre peut être d’une trop grande attention donnée à la sensibilité supposée  exacerbée de cette femme forte, qui domina les Hommes âmes et corps avec une habileté sans pareille, mais ce n’est pas ce que l’on demandait à son auteur. Grâce aux trous de l’Histoire justement, Shan Sa fait de cette épopée dans la Chine Impériale un véritable voyage intérieur et son écriture, telle la rosée du matin, éveille la nature et la femme sous nos yeux et les pare d’un halo sensible touchant, d’une fragilité émouvante. Jouant sur les contradictions de son sujet, Shan creuse autant que dans la Joueuse de Go les relations multiples qui unirent tout au long de l’histoire les femmes de Chine à leurs semblables, à leur terre, et à eux même.

Le livre ne requiert pas de connaissances particulière ou pointue dans la matière – ni dans l’histoire de Zetian, ni dans celle de la Chine en général – et en apprends au contraire à tout lecteur tout au long de l’intrigue.

Seul défaut imaginable : la concision des phrases, Sa se place à l’opposée d’un Proust ou d’un Saint Simon, et les amoureux de la longue syntaxe couvant ses couples de propositions enlacées trouveront son style peut être un peu parataxique au début. Cela disparaît vite lorsqu’on se rends compte que Sa est tout simplement simple, claire et – donc ? – belle.

Le lecteur du mois #1 : JP Depotte

Le premier lecteur du mois n’est pas qu’un booktubeur, c’est aussi un auteur.Un signe fort.

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Après tout, le stade ultime de la lecture, c’est très évidemment l’écriture. Depotte est, allons y franco, l’une des meilleures chaines de booktube au monde. Ses vidéos, originales dans le paysage du Youtube mondial, servent aussi bien aux étudiants qu’aux lecteurs avertis, tant aux hédonistes du livre qu’aux connaisseurs lucides.

Mais c’est quoi JP Depotte ? Sa série de vidéos, l’Alchimie d’un roman, sont de courtes études vidéos d’animation sur des livres très réputés, très étudiés ou tout simplement très intéressants. Du coup, la plupart de ses choix appartiennent à ce que les booktubeuses appellent apparemment les « classiques ». Grâce à une recette très intéressante – le message, le millieu, le style, le point de vue – Depotte nous plonge dans l’écriture du roman, analyse son intrigue et sa structure et au terme d’une très courte vidéo, impossible de nier connaître les mécanismes d’une oeuvre sur le bout des doigts !

En parlant de recette, celle de ses vidéos est elle aussi très efficace : une simplicité confondante – ou pas justement -, une élocution très claire, une explication par dessins et collages très efficaces et des livres extrêmement plaisants que tout le monde à déjà lu : c’est prenant et l’on a jamais autant aimé apprendre !

Il ne choisit pas ses victimes par hasard : grands noms de la littérature mondiale, Depotte analyse et décortique les plats livresques de tous les pays, décante les sauces des best seller du Japon, des vieilles figures européennes et des nouvelles forces littéraires américaines : aucun style n’est épargné !

C’est drôle, c’est simple, c’est lucratif, ça ne prends pas de temps et ça aide toujours : Deppotte est l’avenir du youtube littéraire français à destination des lecteurs qui se posent des questions et des étudiants littéraires. N’hésitez pas, vous ne pourrez plus résister très longtemps.

Le lien : https://www.youtube.com/user/JPDepotte